Le contexte
Lorsque nous l'avons inscrite à la piscine, Maya aimait tellement l'eau qu'elle ne voulait plus en sortir.
Elle négociait, pleurait, hurlait et devenait même violente. Elle mordait, étranglait. Je voyais clairement dans ses yeux qu'elle essayait de me faire mal.
Ce que je n'aurais jamais du faire
Je me suis tout de suite dit que ce genre d'actes étaient graves. Qu'il fallait les étouffer dans l'oeuf. Je me suis beaucoup remise en question. Qu'avais-je raté ? Pourquoi ma fille était si violente ? J'entendais déjà tout le monde crier à l'enfant roi.
Alors je l'ai punie. Je l'ai fessée, mais elle n'en n'a rien eu à faire. Je l'ai laissée seule, mais je l'ai retrouvée pleurant sous un banc. Je l'ai isolée dans sa chambre. Mais ça n'a rien résolu du tout. Et finalement, je l'ai empêchée d'aller au cours suivant. Mais la fois suivante, c'était de retour.
Explications
Non, un sérial killer ne sommeille pas au fond de ma jolie petite fille de trois ans. Non, elle n'a pas essayé de me tuer.
Les jeunes enfants ont beaucoup de mal à exprimer leurs sentiments. Ils ressentent une émotion et ne savent pas comment la traiter. Il ne savent pas exprimer verbalement ce qui leur arrive. Alors ils le font comme ils peuvent. Et inutile de vous égosiller ou de tenter quoi que ce soit. Votre chérubin est entré en mode Berserker. Il ne vous entend même pas. Tout ce qu'il entend, c'est sa rage intérieure qui tente comme elle peut de sortir.
Tout ce que vous pouvez faire pour l'aider, c'est lui faire sécréter beaucoup d'Ocytocine, l'hormone du bonheur et de l'amour. C'est la seule chose qui pourra le calmer. Et une fois calme, parler. Essayer de mettre des mots sur ses sentiments.
Il est également important de cadrer les activités. Vous connaissez le planning, pas votre enfant. Ils vivent uniquement dans le présent. Anticiper est très difficile pour eux. C'est à vous de le faire à leur place. Énumérez les étapes. Annoncez la fin du jeu. Prévenez.
Ce que j'ai fini par faire
Au moment d'une crise, je l'ai simplement prise dans mes bras. Et je l'ai serré. Si bien qu'elle a fini par se calmer d'elle même. A ce moment là, j'ai pu communiquer.
"Je sais que tu es en colère parce que tu voulais rester plus longtemps. Mais le cours est terminé. Il est temps de partir. Nous reviendrons jeudi."
Elle m'a inlassablement dit qu'elle voulait retourner dans l'eau.
"Je sais. Mais ce n'est plus possible. Tu reviendras jeudi."
Bien qu'elle ai continué de réclamer le retour dans l'eau, elle a accepter sans se débattre ni pleurer de s'habiller, et de rentrer à la maison.
Le jeudi, en arrivant à la piscine, avant même de sortir de la voiture, j'ai posé les règles de notre contrat :
"Nous venons pour le cours uniquement. Lorsque Philippe, ton maître nageur, dit que c'est terminé, c'est fini. Tu sors de l'eau, on se sèche, on s'habille et on part. Après, on ira prendre un goûter et on rentrera à la maison."
Je lui ai fait répéter pour voir si elle avait bien tout compris.
Conclusion
A la fin du cours, elle a tenté de négocier un peu. Je lui ai rappelé que c'était notre deal, et elle est sortie tranquillement de l'eau. Je n'ai plus jamais eu de problèmes de crises de colère.
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